Reservoir & Co

Inhumaniterre

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Mise à jour le Vendredi, 22 Janvier 2010 15:39 Écrit par Eznogood Vendredi, 22 Janvier 2010 15:35

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au liseré des toits
je hurle de nuit

insulaire
nu de ce rire en morceaux
le gouffre captif a la reconnaissance du doute

l'œuvre est pointue
qui griffe encore les ruines

d'un oeil comme un prétexte à l'archipel
elle repasse les corps tièdes

de chasse et d'insomnie
j'ai goûté tous les alentours
mais la ville ne dort plus avec moi

entre l'insulte et la prière
un ange est aux entrailles

"nous ne sommes pas un siècle à paradis"

 

 

 

 

Résultats du concours de Noel

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Mise à jour le Vendredi, 15 Janvier 2010 16:29 Écrit par la marquise de sade Vendredi, 15 Janvier 2010 16:22

Dans la catégorie Nouvelles (3 ex aequo)

HISTOIRE DE FAMILLE

Il devait être 14h, le premier soleil de juin réchauffait les vieilles bâtisses et leurs toits de tuiles brunes.
Dans un mois la petite place de Curbaille allait s’animer un peu. Nous avions laissé la voiture devant l’église et mon père d’un signe de tête m’indiquait une maison :

- Il y avait un bistrot entre la sacristie et la mairie, il a fermé en 1968 l'année de la mort de ma grand-mère.
- Dans cette maison là?
- Oui, une treille longeait toute la façade. L'entrée au milieu divisait la terrasse en deux parties; une réservée aux rouges et l'autre aux curetons, comme les appelaient les rouges…

Pierre_b

Initiation

Ils se turent dès qu’ils passèrent le mur d’enceinte. Ils étaient trois. Silhouettes de tulle hirsutes usées jusqu’à la trame, poupées de nerfs aux déplacements arachnéens, leur modus faciendi restait inchangés depuis les temps immémoriaux des premiers synodes, et c’est ainsi que cette fois encore ils pénétrèrent l’infâme nécropole, fantômes rachitiques dont on venait d’arracher les yeux, les oreilles, et coudre la bouche. Le jeune Prince prenait beaucoup de plaisir dans ce rituel détestable tant qu’il n’y perçut que l’atmosphère de mascarade d’une mauvaise représentation d’Hamlet, le rôle l’amusait et sa destinée le confortait dans cet état d’esprit, à la fois joueur et méprisant, curieux comme un enfant qui joue à se faire peur en se racontant les contes des goules et des succubes que l’on chuchote encore dans certaines campagnes reculées.

Soom

Songe d’une nuit d’automne

L’adolescent, blond et chétif, semblait à peine sorti de l’enfance. Il avait le visage sérieux et le regard voilé qui se perdait à tout propos en quelque rêverie mystérieuse. Tandis qu’à ses pieds deux hommes, suant et maugréant, fouillaient la terre grasse, il évoquait son père, un être austère qui appartenait au Grand Synode et se rendait au temple chaque jour. Le garçon – il se nommait Horatio - vivait selon les préceptes paternels qu’il suivait au détriment de tout dictamen intérieur et usait du plus clair de son temps à l’étude. La connaissance seule importait.

Lunatik

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Résultats du concours de Noel

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Mise à jour le Mercredi, 13 Janvier 2010 23:03 Écrit par la marquise de sade Mercredi, 13 Janvier 2010 22:59

Dans la catégorie Article : 

 

Vae victis

Salon agricole de Breuil sur Yvon : la blonde d’Aquitaine a la côte !

Pour célébrer la première décennie et l’entrée dans la cour des grands de sa sympathique foire au bétail, le canton de Breuil n’a pas lésiné sur les moyens.

Les races laitières sont à l’honneur et ouvrent le bal lors d’une épreuve de maniement et lactation. Sans surprise, la lauréate incontestée est issue de la célèbre ferme Va’tuq ; il s’agit d’une superbe jersiaise dont notre président lui-même a loué la docilité et la productivité.

S’ensuit une épreuve de modèles et allures pour les étalons de races à viande, remportée par un splendide charolais qui a su séduire le jury par sa rusticité, sa virilité impressionnante et son panache.

Un concours de modèle et lactation enfin pour les races mixtes, qui a vu la victoire d’une toute jeune blonde d’Aquitaine, Elsa du Maurier, dont la grâce et les indéniables qualités en tonicité comme en mamelles, ont conquis un public pourtant averti et difficile.

 

 

Lunatik

 

 

 

   

Résultats du concours de Noel

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Écrit par la marquise de sade Dimanche, 10 Janvier 2010 20:14

Dans la catégorie poésie :

 

Orana

Des reflets insolites palpitent sur les vitres ...
J'ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d'être si triste.
Je trace dans la buée les lettres de ton nom,
Je guette dans les signes un prétexte pour rester.
Je me rappelle le fleuve et ses eaux rouges sur ma peau claire
Je me rappelle le sable et ses grains d’or sur ta peau sombre.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres ...
J'ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d'être si triste.
Je dessine dans la buée l’ovale de ton visage,
Je cherche dans ton sourire une raison d’espérer.
Je me rappelle le soleil sur tes épaules et ta sueur sur ma langue,
Je me rappelle nos corps en contrastes unis sur les berges désertes.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres ...
J'ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d'être si triste.
J’esquisse dans la buée la ligne de tes reins,
Je traque dans tes courbes un moyen d’exister.
Je me rappelle ta voix dormante qui me fouaillait les entrailles,
Je me rappelle ton regard étale qui me léchait et pourléchait.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres ...
J’efface mes rêves embués sur la fenêtre du taxi,
Je rentre chez moi où tout m’est devenu étranger.
Je me rappelle le ciel de ton pays et ses orages et sa lune inversée,
Je me rappelle sa terre et l’empreinte de tes pieds nus sur le chemin.
J'ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d'être si triste.

Mais plus pour longtemps, si tu le veux, plus pour longtemps…

 

Lunatik 

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Madagascar

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Mise à jour le Jeudi, 07 Janvier 2010 21:29 Écrit par La Musa Jeudi, 07 Janvier 2010 21:21

 

 
 
 
 
 
   

Jacky Lucky Joe

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Mise à jour le Jeudi, 07 Janvier 2010 21:21 Écrit par Lemon-a Jeudi, 07 Janvier 2010 21:16

Jacky Lucky Joe le funky poseur s'était briefé auprès de ceux qui paraissaient capables de l’informer. Il lui fallait descendre l’Amazone jusqu’à Belem, au départ d'Iquitos. En recoupant différents éléments il identifia plusieurs difficultés.

Des pirates attaquaient parfois les navires. La nuit ils s’amarraient au bateau et dépouillaient tout le monde d’une manière plus ou moins radicale selon les cas. C’était chiant cette histoire de pirates, car Jacky Lucky Joe ne parlait ni ne comprenait l’espagnol, le portugais, le quechua ou quoi que ce soit d'intelligible dans le coin. Il faut préciser que le funky poseur gardait toujours ses 33 tours à portée de main, constamment disponible pour embraser la piste, toujours ready pour la funky party. Le passeport et les autres papiers il pouvait bien les perdre, son identité d’homme était gravée dans les microsillons. Mais Jacky Lucky Joe pensait quand même qu’il conserverait son bien. Après tout, les pirates sont aussi des gens normaux, aimant le groove et la bonne soul. Au pire, Jacky Lucky Joe se mettrait à genoux, ouvrirait son bac en grand et balancerait une supplique bien deep, dans l’esprit des premiers gospels, qui percerait la sensibilité des cerveaux les plus secs et frapperait aux tripes. De toutes façons, les tourne-disques n’existaient plus en Amazonie Si les pirates s’emparaient des précieuses galettes celles-ci termineraient immanquablement sur les parois humides d’un boui-boui monté sur pilotis, pour rappeler le bon temps et éponger les nostalgies.

 

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Serein

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Mise à jour le Jeudi, 07 Janvier 2010 21:15 Écrit par Pierre_b Jeudi, 07 Janvier 2010 21:09

 

Quand il défit les mailles
Elle fut nue sans éclat
Sous la peau ses veines bleutées
Couraient
Un doigt pressé suivait leurs sentes
Il fut mouillé d'un rien
Comme une fleur à la rosée
C'était l'août finissant d'un soleil lourd
Et le soir descendait
Elle avait l'âge des gens qui s'aiment
Quand elle sourit
Il lui lécha les dents.

 

Les commentaires

 

   

Déviation

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Mise à jour le Samedi, 26 Décembre 2009 16:04 Écrit par Toorop Samedi, 26 Décembre 2009 16:02

 

Mal aux yeux
burnes qui chauffent
chauffeur qui râle
et que de la daube sur l'auto-radio

je jette un xième regard parano
vers la barre à mine d'au cas où

murs
murs
murs
ligne Maginot de béton épuisé
travelling Prison Break

des chattes presque à l'air libre
qui ondulent sous un coton de rien du tout

putain d'printemps qui canicule

stickers nazis
bâtiments éventrés

encore des femmes
et cette chienne
une plage à elle toute seule
sur l'affiche du Club Med

 

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Grand concours d'écriture spécial Noël

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Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 14:10 Écrit par la marquise de sade Jeudi, 24 Décembre 2009 13:59

 


 

Le concours de noël a pour particularité de forcer les participants à des genres auxquels ils ne se frottent pas toujours, autrement dit chaque participant devra obligatoirement produire une nouvelle, un poème et un texte d'opinion entre le 22 décembre 21h30 et le  1er janvier à 21h30.

Les textes seront soumis aux votes des membres et les deux participants qui auront remporté le plus de voix seront récompensés par un livre. 

 

Les sujets et le réglement complet : ICI

 

   

M.I.L.F.

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Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 13:59 Écrit par Soom Jeudi, 24 Décembre 2009 13:56

L’histoire de Mandy telle que je la connaissais, telle qu’on me l’avait racontée, c’est un peu l’histoire de toutes les femmes que j’ai connues. Alors le lieu, l’époque où la couleur de ses cheveux n’importent pas vraiment.
Cela dit on m’a toujours appris que pour raconter une bonne histoire, il ne faut pas ménager ses effets, ni au lecteur ses efforts, donc je vous demanderais d’imaginer que ça se passe à Abilene, Texas, Dieu protège l’Amérique.

D’où venait Mandy ? Nul ne le savait, et malgré quelques invariants le récit qu’elle pouvait faire à l’occasion au sujet de son enfance était à peu près aussi changeant que l’humeur du vent ou d’un pur sang texan. Elle était d’une ville parmi d’autre élevée dans un foyer qui n’était sans doute ni chaleureux ni protecteur. Le danger vient toujours de l’intérieur. Elle était née autour de 1925, et à en juger par son mode de vie, elle avait du goûter le luxe avant que ses parents prennent la Crise de plein fouet. Ajoutez à cela le départ prématuré d’un père qu’elle idéalisa avec le temps, une poitrine apparue à l’adolescence avec toute la prodigalité dont la nature sait se montrer parfois, des hanches assez larges pour porter le cul le plus rond depuis que la terre n’est plus plate, une crinière de feu, de ce roux naturelle qu’on ne trouve que dans les reflets des grenats et pour couronner le tout une intelligence animale ; et bien vous ne vous faîtes pas encore bien idée du dixième de ce qu’était Mandy dans sa vingt-cinquième année. A l’époque elle fourrait ses nichons sous le nez de tout ce qui portait un caleçon et dont elle pouvait tirer parti d’une manière ou d’une autre. Et ça marchait ! Mandy avait décroché un diplôme de droit commercial se spécialisant dans l’exploitation du pétrole, et descendit dans le Texas. Elle ne mit pas longtemps à trouver un poste suffisamment rémunéré pour mener le genre de vie qu’elle souhaitait, club privé, bar, boîte, alcool, partie en tout genre, et pas d’obligation d’être au bureau trop tôt dans la matinée. Elle collectionnait les coups de reins plus que les hommes. C’était pour elle la seule preuve d’amour qu’un homme puisse donner, la preuve étant faite elle se désintéressait aussitôt.

 

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Echec au roi

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Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2009 13:52 Écrit par Peste Noire Jeudi, 24 Décembre 2009 13:50

La séduction,
Jeu de brûlures et de désinvolture…

Te séduire mon amour,
Mon bel amour instantané,
Pour saigner ton cœur pâle
D’un vide préparé, ciselé.
Te regarder, aveugle,
T’enchaîner à mes pas ;
Soulever la poussière qui cachait tes couleurs,
Et déposer ici, un baiser au soleil.
Une trace de sucre sur cette plaie ouverte
Que j’ai creusé hier en première offensive…
Je t’aimais interdit,
Je t’aime douloureux…
Tu m’aimeras encore au plus profond des vagues,
Quand mes vaisseaux fantômes raconteront ma fuite
Loin des promesses qui nous amarre.

Echec au roi, la reine demeure
Vouée à ce jeu à la dérive.

 

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