Reservoir & Co
Frontières
Mise à jour le Vendredi, 28 Août 2009 19:58 Écrit par Peste Noire Vendredi, 28 Août 2009 19:54

Rodéo en ville
Mise à jour le Samedi, 22 Août 2009 02:39 Écrit par Croot Samedi, 22 Août 2009 00:00
Rodéo en ville
Pour mon 720ième
Spleen
Ce soir je régale le ciel puant et les pervenches
Et
Ce mime affairé
Maquillé jusqu'aux veines
Fumant une seiche
Sous la maternelle lueur
D'un réverbère dépouillé
Et
Ce carnaval défilant crânement
Sous les roulements de tambour
D'un hiver quelconque
Sous mes pas persistait
Coulait ce bitume
Infect
Mes épaules soutenaient
L'affligeante pesanteur des murs
Très gravement
La place dévergondée
Se donnait à qui voulait voir
Belle des tilleuls
Mise à jour le Vendredi, 21 Août 2009 13:17 Écrit par Pierre_b Jeudi, 20 Août 2009 15:26
C'est un jupon sous la jupe
Un genou découvert
Du satin sous la soie
Caressé par la peau
C'est une femme accroupie
Devant l'enfant éploré
Apaisé d'un baiser
C'est la joue enfantine
Blottie sur la poitrine
Et la douceur des seins
Cachés là qu'on devine
C'est un jour de juillet
Où les chemisiers sont légers
Quand on relit sur un banc
"Belle du Seigneur"
Dans l'ombre des tilleuls.
Cramer
Mise à jour le Jeudi, 20 Août 2009 15:26 Écrit par Buk Jeudi, 20 Août 2009 15:15
ça fait mal quand l'estomac se gondole et rétrécit - je le sens tout de suite - ouais je guette l'instant où ça pousse à l'intérieur - ce petit frère de mort - juste un léger vertige - un tremblement bancal qui me pousse en avant - ou alors sur le côté - presque je manque de louper la marche - presque un sursaut me fait tressaillir - je me dis - voilà, j' y suis - les forces sont à bout - là c'est la limite - et je dois m'y tenir - remonter le parapet sans trop m'épuiser d'un coup - la fatigue doit dérouler son chemin comme un ruban de velours - sans trop de nids de poules sur une route bien lisse comme je les aime - je déroule tout ça chaque jour avec des petits voyants qui s'allument partout - ce petit bout de monde - tous ces médecins que je congédie - je remets à la veille le travail à faire sur ma machine - je dois encore durer vingt quatre heures - un peu plus de quatre heures de sommeil - de transbahutage d'idées saugrenues - d'où l'attente lépreuse en pleine chaleur à travers le miroir - ne rien dire mais tout se dire et me déclamer dans mon petit carnet de deuil - j' y crois - quelques petits bouts de scotch ici ou là - le pouls - la tension - la palpitation - jouer de ça - tenir ce journal - préparer les allumettes et déjà sentir la braise puis la cendre - cramer - mais pas tout de suite.
Le Blockhaus
Mise à jour le Dimanche, 16 Août 2009 01:24 Écrit par Croisic Dimanche, 16 Août 2009 01:21
Sœur Lucie – ombre noire, yeux de pierre – est au pied de mon petit lit.
- Lève-toi et suis-moi !
- Je m'habille ?
- Non !
- Je vais me laver ?
- Non !
J'enfile mes petits chaussons en grelottant de peur.
J'imagine que je n'aurais pas dû voir ce que j'ai vu cette nuit en allant à l'infirmerie.
Nous prenons le petit sentier qui conduit à la plage, mais à l'angle de la buanderie, Sœur Lucie se dirige vers le Blockhaus.
Je m'arrête, terrifiée, nous avons l'interdiction – nous les enfants - de venir nous promener près de ce monstre noir et gris.
Elle ouvre avec violence la porte en fer et me pousse fermement à l'intérieur.
Les odeurs de moisi, de vase et de pourriture animale m'envahissent.
J'ai faim.....la nausée est proche.
Je trébuche sur quelque chose de mou, je ne vois rien.
Je me laisse tomber au sol.
Papa, maman ! Au secours ! J'ai oublié mon ours !
Sœur Lucie me relève sans douceur et me conduit dans ce que j'imagine être le centre du Blockhaus - une pièce sombre et glacée.
Attends-moi de l’autre côté de l’univers
Mise à jour le Mercredi, 05 Août 2009 00:11 Écrit par Peste Noire Mercredi, 05 Août 2009 00:08
I.
L’ancien monde s’écroule sur mes épaules molles… Je perçois ce fracas d’une oreille engourdie. Les yeux plissés sous cette avalanche de poussières enflammées, à quatre pattes, mes doigts s’enfoncent dans le béton. Tout change de forme, le sol ondule. La roche éclate à mon contact et se fait sable, strates, limon…
On me veut ensevelie sous six pieds de misère ; on me veut écrasée par un silence sans nom. Mais l’éboulis s’effrite car je respire encore. Et s’il faut que j’imprègne mes veines de cendres chaudes, s’il me faut respirer le deuil de l’enfant-roi ; je chercherais au fond de mon cerveau binaire les restes du brasier et je m’en nourrirais. Et si je dois tracer en mon âme des frontières entre mes raisons d’être et mes rêves égoïstes, je le ferais sans gloire, derrière des portes closes.
S’ébrouer…
La cloque des souhaits
Mise à jour le Dimanche, 02 Août 2009 13:01 Écrit par Lu-k Dimanche, 02 Août 2009 12:59
Quand les rues, pénibles sous les violons du soir, martèlent ma démarche de trop nombreuses années, c’est la ride maligne qui s’écorche dans un coin de la nuit. L’espérance est hurlée à tout pore de la peau ; l’espérance d’une lame, terne et grise comme les vieux jours, qui surviendrait au détour d’un nuage, pour transpercer le thorax et son cri d’abandon. Le mal est défendu et poursuit comme un chien l’étoile défraîchie du bonheur de l’homme ; palpite doucement et au fil de l’errance la petite déroute de l’esprit qui ne veut pas la joie (il la trouve surannée, et tellement malveillante !). La groseille est bercée par le vent tiède : elle tangue doucement comme une proie perdue sur laquelle la mémoire a depuis longtemps abaissé les paupières.
Il y a un déluge respirant l’âpreté : c’est la pluie de ta paume sur ma peine timide.
Strigenerator
Mise à jour le Dimanche, 02 Août 2009 13:04 Écrit par Soomiz Vendredi, 31 Juillet 2009 12:57

Impénitence
Écrit par Starr Mercredi, 29 Juillet 2009 13:18
Au sein du monde et de ses étranges bruitsDes gens souffrent et font souffrir atrocement les autres.
Si les moines et les religieuses se rassemblent au choeur de la nuit
C'est pour sauver ces âmes en dérive.
Ne sois pas d'humeur factieuse n'écris pas de poèmes sombres
Nous sommes avec férocité de délicieuses impénitences
Des enfants qu'on dit perdu parmi les ombres
Nous sommes la rage au coeur
Des Mystiques qui te donnent l'espérance
Tournent dans l'eau noire les pensées, naissent les implacables rougeurs
Des demeures où l'on ne veut pas savoir, cette souffrance
Et ces mots à boire s'abreuvent de lumières amoureuses
De passions, de soleil, font pourrir les pages ombreuses
De tes livres, esquisses trop promptes
A se gorger de poisons ; Mais quelle honte
De chercher ces Equisses dans les ordures
A tes amants plus ou moins fidèles, à tes illusions jetées en pâture
Je voudrais te dédier ce poème, te rendre ta force et tes couleurs
Jaillir la joie de l'enfant magicien comme cette drôle de fleur
Îles d'Yeux
Mise à jour le Vendredi, 24 Juillet 2009 11:44 Écrit par Patmos Vendredi, 24 Juillet 2009 11:41
Comme toutes les fins d’année, il y a la fête de fin d’année, et le centre où est scolarisée ma fille n’échappe pas à la règle.
Pour la fête de fin d’année, c’est deux heures de spectacle plus un pique-nique pour cinq euros, c'est pas cher.
Deux heures de spectacle c’est long, surtout qu’en général, il n’y a que le passage de son enfant qui intéresse, faut bien l’avouer.
Dans un centre spécialisé pour les aveugles on a le droit à beaucoup de musique et pas beaucoup de tours de magie. Il y en a aussi qui chantent, eh bien vous me croirez si vous le voulez, mais les aveugles ne chantent pas mieux que les autres.
Cette année, ma fille participait à une pièce de théâtre. Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour elle serait capable de jouer dans une pièce de théâtre, je lui aurais dit que c’est pas bien de se moquer et je lui aurais foutu mon poing dans la gueule. Mais heureusement pour lui, personne ne me l’a dit.
On a eu de la chance, la pièce de théâtre c’était dans le début. C’est normal, les handicapés les plus lourds passent dans les premiers à cause qu’ils n’ont pas trop de patience.
Bon, quand je dis « pièce de théâtre » j’exagère un peu, c’était disons une « scène de théâtre ».
J’ai pas tout bien compris car c’était pas très net au niveau des dialogues.
365 jours dans le cul ?
Mise à jour le Lundi, 20 Juillet 2009 14:19 Écrit par moufette Lundi, 20 Juillet 2009 00:01
- Ah la vache, t'as pris un an, t'es vieille !
Chaque année, on te balance à peu près la même vanne avec un sourire jusqu'aux lèvres, à moins que ce soit jusqu'aux dents, je ne sais plus.
- Ben oui, mais pour moi, chaque minute compte alors je suis jeune depuis très longtemps tu vois. ?
- T'es bourrée ?
- Oui, mais c'est une phrase à retenir !
- Non, la phrase du jour c'est : c'est une courte qui dure longtemps.
Elle est naze cette phrase alors pour quoi y répondre ?
- Ah oui, c'est bien aussi mais c'est plus vers la culotte, moi c'était dans la tête.
- C'est quoi la différence ?
- Ben je suis pas obligée de mettre une culotte sur ma tête.
- Sur mon cul non plus !
- Je demande une pause, faut que je réfléchisse, je n'ai pas les trous en face des yeux et je n'ose imaginer ce qu'il en serait de mes orifices si j'avais à me consommer d'amour.
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