Jacky Lucky Joe

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Jacky Lucky Joe le funky poseur s'était briefé auprès de ceux qui paraissaient capables de l’informer. Il lui fallait descendre l’Amazone jusqu’à Belem, au départ d'Iquitos. En recoupant différents éléments il identifia plusieurs difficultés.

Des pirates attaquaient parfois les navires. La nuit ils s’amarraient au bateau et dépouillaient tout le monde d’une manière plus ou moins radicale selon les cas. C’était chiant cette histoire de pirates, car Jacky Lucky Joe ne parlait ni ne comprenait l’espagnol, le portugais, le quechua ou quoi que ce soit d'intelligible dans le coin. Il faut préciser que le funky poseur gardait toujours ses 33 tours à portée de main, constamment disponible pour embraser la piste, toujours ready pour la funky party. Le passeport et les autres papiers il pouvait bien les perdre, son identité d’homme était gravée dans les microsillons. Mais Jacky Lucky Joe pensait quand même qu’il conserverait son bien. Après tout, les pirates sont aussi des gens normaux, aimant le groove et la bonne soul. Au pire, Jacky Lucky Joe se mettrait à genoux, ouvrirait son bac en grand et balancerait une supplique bien deep, dans l’esprit des premiers gospels, qui percerait la sensibilité des cerveaux les plus secs et frapperait aux tripes. De toutes façons, les tourne-disques n’existaient plus en Amazonie Si les pirates s’emparaient des précieuses galettes celles-ci termineraient immanquablement sur les parois humides d’un boui-boui monté sur pilotis, pour rappeler le bon temps et éponger les nostalgies.

 

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